LES LUNDIS TABOUS: Le sexe anal

October 19, 2015

LES LUNDIS TABOUS

 

Durant 10 semaines, je publierai un article sur un tabou qui persiste au niveau de la sexualité! Vous avez des idées? Vous voulez en savoir plus sur un mythe que vous ne pouvez plus entendre vos amis raconter? N’hésitez pas à m’écrire, directement sur le site ou sur ma page Facebook pour me suggérer ce thème!

 

TABOU NO 5 : La pénétration anale

 

Encore associée à de nombreux préjugés, la pénétration anale reste très intime et peu discutée. Le terme sodomie vient du nom de la ville de Sodome qui, selon la Bible, fut détruite par Dieu pour ses mœurs jugées perverses (cf. l’épisode de Sodome et Gomorrhe). Le terme a longtemps été utilisé pour un ensemble de pratiques sexuelles réprouvées et non uniquement pour la pénétration anale. Aujourd’hui, ce comportement est encore souvent associé à l’homosexualité et l’homme peut y voir une certaine menace à sa masculinité, s’il ne se sent pas tout à fait bien dans celle-ci. On sait aujourd’hui que ce comportement n’est pas réservé aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, certains refusant de le pratiquer, mais également que beaucoup de couples hétérosexuels le pratiquent!

 

Pourquoi tant de tabou entourant cette pratique?

 

Biologiquement et historiquement parlant, la sexualité devrait servir à procréer. La pénétration anale ne le permettant pas, il est inévitable que ce soit pratiqué uniquement dans la recherche de plaisir. Ce n’était donc pas une pratique encouragée. Les préjugés négatifs associés à l’homosexualité, encore présents chez certaines personnes, font malheureusement également partie de l’équation. Est-ce différent maintenant? Est-ce devenu banal et très pratiqué?

 

La pénétration anale reste une pratique qui est moins courante que la pénétration vaginale et le sexe oral par exemple, chez les couples hétérosexuels. Une étude ayant recensée plus de 6000 jeunes adultes (18 à 26 ans) aux Etats-Unis étant dans une relation hétérosexuelle depuis plus de trois mois montre que 23% des participants avait tenté le sexe anal avec un ou une partenaire (Kaestle & Halpern, 2007). L’amour et l’engagement à plus long terme seraient de bons facteurs pour initier des comportements sexuels plus variés. Considérer le sexe anal comme marginal ou atypique dans les couples hétérosexuels contribue à maintenir une stigmatisation. Les leçons suite à l’épidémie de VIH/SIDA dans le monde nous montre à quel point le stigma n’est jamais gage de santé sexuelle et de recherche d’aide (McBride & Fortenberry, 2010).

 

Quels sont les risques associés à cette pratique?

 

Le sphincter de l’anus contrôle l’ouverture du canal anal lors de la défécation. Il est donc très contracté et une pénétration trop rapide, sans lubrification suffisante ou avec un objet trop gros peut causer de la douleur et des micro-lésions (coupures, fissures, saignements). La muqueuse du rectum est également très fragile et poreuse et peut donc laisser passer de multiples virus et bactéries. On ne lésine pas sur le port du condom. Les infections transmissibles sexuellement et par le sang ont une porte d’entrée facile par cet orifice!

 

PAS DE PANIQUE, on peut toujours pratiquer le sexe anal de façon sécuritaire et agréable pour les deux partenaires.

 

Il peut apporter beaucoup de plaisir chez l’homme, étant donné la présence de la prostate qui peut être stimulée par cet orifice, ou amener une augmentation de l’excitation avec des caresses anales lors d’une fellation ou de la stimulation du pénis. Pour la femme, la proximité entre la paroi vaginale et anale, de même qu’une stimulation du clitoris en même temps par exemple, peut offrir une expérience sensorielle complète augmentant les sensations. À la pénétration de l’anus de son ou sa partenaire, l’homme peut ressentir beaucoup de plaisir dû à l’entrée plus serrée de l’anus, qui se détend tranquillement avec la pratique régulière.

 

Des conseils importants

  1. L’anus ne lubrifie pas tout seul, un lubrifiant à base d’eau ou de silicone est donc impératif!

  2. On prend son temps! Si la région anale est contractée, la pénétration sera douloureuse et désagréable. Plusieurs préliminaires sont donc nécessaires pour détendre le muscle, par exemple des caresses avec la langue, le doigt, des pauses, etc.

  3. On communique! Si on souhaite que le ou la partenaire arrête ses caresses, qu’il ou elle continue ou autre, on doit le mentionner et rester toujours en contact. Personne ne doit se sentir pressé. Et si ça ne fonctionne pas? On recommencera une autre fois, lorsque les deux partenaires en auront envie!

  4. On érotise la chose! Imaginer la pénétration anale comme quelque chose de sensuel, visualiser le plaisir et approcher ce comportement de façon positive au lieu d’en avoir peur va changer beaucoup de choses.

 

L’écoute de l’autre est donc centrale pour que tout le monde y prenne du plaisir. C’est sans doute pour ça que le sexe anal peut pimenter la vie sexuelle : la communication est encouragée, la complicité augmentée et le plaisir aussi! Si votre partenaire ne désire pas pratiquer le sexe anal, ne forcez pas les choses. Il y a tant d’autres choses à découvrir et peut-être que progressivement, l’intérêt se développera! Personne ne devrait se sentir obligé de le faire.

 

Valérie, votre sexologue

 

 

Références

 

Kaestle, C. E., & Halpern, C. T. (2007). What’s love got to do with it? Sexual behaviors of opposite‐sex couples through emerging adulthood. Perspectives on sexual and reproductive health, 39(3), 134-140.

 

McBride, K. R., & Fortenberry, J. D. (2010). Heterosexual anal sexuality and anal sex behaviors: a review. Journal of sex research, 47(2-3), 123-136.

 

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Sexologue Verdun, Membre de l'ordre professionnel des sexologues du Québec
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